Octo Puce

Voilà, les 80 K s’installent.

Rien de bien enthousiasmant, même si j’ai d’autres chats à fouetter en ce moment. J’aimerais trouver l’énergie de ne pas me cacher derrière mes soucis familiaux actuels et de MARCHER, MARCHER… Qu’y a-t-il donc de si difficile à MARCHER ?

Barre psychologique

Au niveau du poids, je flirte en ce moment avec ma barre psychologique : les affreux 80K. Je suis en dessous : j’ai quelques kilos de trop que j’accepte ; je suis au dessus : je suis obèse et retomberai inexorablement dans cette maladie chronique. C’est dire si cette barre est importante. Je vais donc arrêter un truc que ma psy me donne pour dormir et qui me donne une faim dévorante permanente. Je ne mange pas plus aux repas, mais je suis capable de grignoter toute la journée, avec un estomac qui crie famine. J’ai été voir sur Internet, personne ne manque de grossir avec cet AD. A tel point qu’il fait des merveilles sur les anorexiques ! Bref, je l’arrête ce soir et je prie pour que mon appétit et mon poids suivent à la baisse tout naturellement. D’autant que mercredi, j’ai la journée d’hospitalisation ambulatoire à la Salpêtrière pour mon gros contrôle post-op 5 ans… Le sujet du prochain billet. Je pense qu’ils vont me tirer la sonnette d’alarme… J’apporterai la courbe (et l’excel) ci-dessous, je pense que ça intéressera l’interne.

Pour moi, tout se joue dans les six mois qui viennent pour juger du succès (ou non) de cette opération à long terme. Si je redescends et me stabilise à 78K (+ ou – 2K), c’est un super succès. Si je passe au dessus des 80, c’est signe que j’ai perdu la bataille de l’équilibre pondéral. Pour une fois, je suis optimiste, d’ailleurs.

Je ne veux pas gagner du temps contre la maladie, je veux gagner tout court.

De la mesure, des mesures

Un mois que je ne m’étais pas pesée. Ou plus exactement, je me pesais moins et je ne notais pas sur mon excel le résultat. Un mois que je mange davantage, que je grignote, tiraillée par la faim, ou tiraillée par l’envie de manger sans faim.

Un mois qu’on a augmenté ma dose d’anti-dépresseur (merci d’ailleurs, ça commence à faire effet). Mais sur la faim aussi. Je ne panique pas, ma barre de panique étant fixée à 80K. Et j’en suis à 78.5. J’essaie de réfléchir tranquillement aux mesures à prendre. Faire petit-déj + repas de midi + dessert décalé + repas du soir + dessert décalé, et ne jamais grignoter entre deux. Ce qui réduirait ma faim à une à deux heures par jour, ce qui serait supportable. Grâce à mon petit estomac, ça devrait être gérable, et mes repas se réduisant à un plat unique de petite taille, ça ne me fera pas grossir. En fait, reprendre les habitudes de vie et de pause repas du travail en présentiel. Mesure numéro 2, la plus difficile… aller marcher tous les jours, ne serait-ce que la partie la plus jolie de la coulée verte, celle qui reste totalement dans la verdure et qui aller-retour, doit durer 1/2H. Ca commence… aujourd’hui. Et ça, c’est facilité par le travail en distanciel.

A voir, je fais un point toutes les semaines ici du coup.

Santé !

On dirait que je me stabilise à 5 ou 6 kilos de surpoids par rapport à la norme IMC. Donc je suis très heureuse.

Côté suivi de mon équipe hospitalière, ça continue assidûment malgré la situation sanitaire. Autant de sérieux en post-opératoire à 4 ans 1/2, merci la Pitié-Salpêtrière. Le nutritionniste et chef de service m’a demandé de faire une gastroscopie, OK mais cette fois, c’est dans une clinique privée, car ils pratiquent l’anesthésie générale. Et le tuyau de douche enfoncé dans la gueule jusque dans l’estomac de la première fois est sans doute une des pires expériences que j’aie vécu à l’hôpital. Bref, du coup, cette fois, la gastroscopie s’est très bien passée, petite anesthésie de moins d’une heure, réveil comme une fleur. Bilan : on confirme l’hernie hiatale asymptomatique de 4 cm. Au printemps, je devrais avoir mon gros bilan des 5 ans… Toujours enchantée de ma qualité de vie de l’après sleeve. J’avais si peur avant l’opération d’être bourrée de frustrations. Zéro frustration.

75.5K

Je suis contente de perdre du poids. J’ai naturellement moins d’appétit ces temps-ci, alors bien sûr, je mange moins, et je maigris. La cause la plus évidente de cette baisse d’appétit, c’est un médicament que je reprends, un anti-dépresseur que je connais bien. C’est sans doute la mise en route de ce traitement longue durée qui modifie mon métabolisme, et ça ne devrait pas durer toujours.

Alors cet anti-dépresseur pour l’instant, c’est un peu le double effet Kiss Cool.

On n’est pas aux pièces

78.2K soit toujours IMC 27.

Cela m’enlève une épée de Damoclès du style : si tu ne bouges pas, tu grossis et tu grossis et tu grossis. Si je ne bouge pas, j’ai moins faim, donc je mange moins. Donc les choses s’équilibrent d’elles-mêmes.

Ce qui ne veut pas dire que je fais un plaidoyer pour la sédentarité, et je reste convaincue de la phrase clé de mon nutritionniste : « La clé de la stabilité, c’est l’activité physique ! ». Il parle bien sûr à long terme. Mais le fait que ça ne soit pas à six mois près est très rassurant.

2020_07_20

Vulnérable et stable

Comme dit la merveilleuse chanson ci-dessous :

I’ve seen the needle and the damage done
A little part of it in everyone
But every junkie’s like a settin’ sun.

En cette période critique, même ceux qui en doutaient encore se savent vulnérables, fragiles, sensibles, anxieux, humains quoi.

J’ai parfois été bien tendue quand j’ai du sortir en pleine crise, j’ai culpabilisé de ne pas être assez concentrée en télétravail, je me suis demandé à quoi ressemblerait ma retraite si je m’ennuyais déjà au bout de deux mois, j’ai eu peur de grossir à cause de l’inactivité forcée. Et pourtant l’IMC 27 me sourit toujours.

Nos peurs de l’avenir nous habitent en permanence, et si souvent pour rien. Pour autant, elles restent. Plein de tendresse à ceux et celles qui ont encore envie de me lire.

courbe_2020_05_30